La conférence déambulatoire de ROBIN RICHMOND à travers les oeuvres qu'elle a mises en place dans les salles d'exposition du Château d'Excideuil s'est déroulée en présence d'une bonne trentaine d'amateurs d'art ce mercredi 8 août. Madame la Conseillère Générale du Canton d'Excideuil, Annie SEDAN, arrivée en avance, est venue à la rencontre de l'artiste en excusant l'absence du Président Bernard CAZEAU, retenu par ses multiples activités. Elle a exprimé à Robin RICHMOND l'intérêt qu'elle portait à son oeuvre.
La conférence a commencé par l'évocation par l'artiste du mythe de la caverne et des ombres que Platon développe dans le Livre VII de La République. C'est Socrate au cours d'un dialogue avec Glaucon qui expose l'allégorie devenue célèbre
-Dans une caverne souterraine des prisonniers enchaînés depuis l'enfance sans possibilité de tourner la tête contemplent la paroi qui leur fait face et qu'éclaire un feu allumé derrière eux, sur une hauteur. Ils voient défiler sur la paroi ainsi éclairée des ombres qui pour eux sont la seule réalité puisqu'ils ignorent tout du monde. Ce sont les ombres de statuettes portées par des hommes qui marchent sur la route le long de laquelle un mur a été érigé un peu comme celui que les montreurs de marionnettes dressent devant eux pour effectuer leurs manipulations.. Seules donc les statuettes dépassent du mur et c'est leur ombre que voient les prisonniers de la caverne.. Leur connaissance s'arrête là. Quand on les libère, aveuglés par la lumière du soleil, ils découvrent un monde qui leur paraît irréel, flou.
A partir de cette allégorie ROBIN RICHMOND a fait découvrir au public son cheminement artistique, l'évolution de sa création depuis 1985. Jusqu'à cette date elle était répertoriée comme peintre réaliste. Elle explique à des auditeurs attentifs comment la découverte des espaces américains si différents des paysages de Rome où elle a vécu toute sa jeunesse l' a amenée à un travail d'exploration de la lumière, comme une quête de l'Idéal cher à Platon. Elle a évoqué le grand peintre anglais TURNER. Elle peint désormais des paysages flous qui cachent et donc révèlent dans l'intime de la toile, au gré des jeux de superposition de la matière, une réalité supérieure, comme un accès au monde des Idées.
Robin RICHMOND, pour sa part, dit se situer à la frange des deux mondes, celui du sensible et celui de l'Idéal.
La passion de ROBIN RICHMOND pour expliquer son aventure artistique ainsi que la forme adoptée, une déambulation avec un échange à la manière de Platon dialoguant avec ses disciples dans les Jardins de l'Académie(école qu'il fonda et que fréquenta Aristote pendant 20 ans) a su captiver le public, conscient de vivre un moment rare.
En outre tous ont apprécié la simplicité du discours de l'artiste, sa générosité et sa disponibilité; elle n'a pas hésité à décrocher ses oeuvres, à les déplacer, les toucher, révélant sa"cuisine"de peintre . Elle a expliqué comment, à la suite d'une allergie médicale à la peinture à l'huile elle est venue à l'utilisation de la peinture acrylique qu'elle haïssait au départ, puis elle a évoqué le jeu des superpositions, des grattages de ses toiles.
Une question d'un auditeur l'a amenée à évoquer l'oeuvre de Michel-Ange et la chapelle Sixtine sur laquelle elle a écrit des ouvrages importants
La soirée s'est prolongée en discussions passionnées et c'est à regret que l'on s'est quitté.
L'exposition se poursuit jusqu'au 19 août inclus.
Tous les jours de 10H à 12H et de 15H à 18 h sauf le mardi.
Liens:
RETROSPECTIVE DES OEUVRES DE ROBIN RICHMOND de 1985 à 2012
ECHOS DU VERNISSAGE DE ROBIN RICHMOND EN ATTENDANT SA CONFERENCE DU 8 AOÛT (1)






